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Jan
Accidents de la route en Algérie : quand le transport routier (poids lourds et transport en commun)
En Algérie, les accidents de la route représentent actuellement l'un des enjeux majeurs en matière de sécurité publique. Chaque année, des milliers de vies humaines sont fauchées et des milliers d'individus sont blessés, engendrant des tragédies humaines, des familles en deuil et un impact économique et social important pour la collectivité.
Selon les données officielles de la délégation nationale à la sécurité routière (DNSR), ce sont plus de 26 272 (soit + 5% par rapport à 2023) accidents qui ont été enregistrés en 2024 sur les routes algériennes, faisant 3 740 morts (soit +3% par rapport à 2023) et 35 556 blessés contre 33 995 blessés en 2023. Cette lourde réalité place les accidents de la route parmi les principales causes de mortalité et de traumatismes graves dans le pays.
Pour les huit premiers mois de l’année 2025, les bilans officiels font état de 18 395 accidents, ayant causé 2 618 décès et 25 399 blessés, enregistrant encore pour cette année, une augmentation relative par rapport à la même période de l’année précédente.
Parmi ces accidents, ceux qui concernent les poids lourds et les transports en commun se distinguent par leur gravité et leurs répercussions souvent tragiques. Du fait de l’importance de la flotte de véhicules, du grand nombre de passagers transportés et des longues distances parcourues chaque jour, ces accidents se traduisent fréquemment par un lourd tribut humain et d’importants dégâts matériels.
Ces véhicules jouent un rôle crucial dans l’économie nationale et les déplacements quotidiens des citoyens. Ils assurent le transport des marchandises, des travailleurs, des étudiants et des voyageurs à travers l’ensemble du territoire. Cependant, cette mission essentielle s’exerce dans un environnement marqué par une multiplication de facteurs de risque que le système actuel peine encore à maîtriser.
Ces facteurs peuvent être regroupés en plusieurs catégories à savoir :
· Les facteurs humains : qui incluent les longues heures de conduite, le stress, la pression des délais, l’accumulation de la fatigue et parfois le manque de formation continue.
· Les facteurs techniques : tels que la surcharge des poids lourds ou l’entretien insuffisant des flottes de véhicules.
· Les facteurs infrastructurels : chaussées dégradées, signalisation défaillante, absence d’aires de repos sécurisées et de dispositifs de sécurité sur certains axes à forte circulation.
· Les facteurs organisationnels et réglementaires : notamment le contrôle insuffisant des temps de conduite et de repos, aggravent encore la situation.
Dans un tel contexte, l’erreur humaine devient plus probable et le risque d’accident grave augmente considérablement.
Devant cette réalité, attribuer la responsabilité uniquement aux chauffeurs est, de mon point de vue, non seulement injuste, mais aussi inefficace. Dans de nombreux cas, les chauffeurs se retrouvent eux-mêmes victimes d’un système insuffisamment encadré, où le respect des normes de sécurité et des temps de repos n’est pas toujours garanti, et où les outils modernes de contrôle et de suivi font défaut.
L’approche exclusivement répressive, bien que parfois nécessaire, montre aujourd’hui ses limites, comme en témoignent les bilans humains toujours aussi lourds. Il devient donc urgent de passer d’une logique de réaction à une véritable politique de prévention. Celle-ci doit reposer sur une réglementation claire et appliquée, une formation continue des chauffeurs professionnels notamment à l’éco-conduite, l’amélioration des infrastructures routières pour les mettre aux normes de sécurité et l’introduction d’outils de contrôle fiables et éprouvés.
L’éco-conduite, à titre d’exemple, est une méthode de conduite responsable qui contribue, de façon significative, à améliorer la sécurité routière tout en réduisant la consommation de carburant et l’usure des véhicules. Elle repose sur des gestes simples mais essentiels : éviter les accélérations brusques, anticiper les freinages, maintenir une vitesse stable et adopter une conduite plus souple et plus prévisible.
Parmi les outils de prévention les plus efficaces il y a le chronotachygraphe. Ce dispositif électronique permet d’enregistrer automatiquement les temps de conduite, les périodes de repos, la vitesse et les distances parcourues. Son utilisation contribue à prévenir la fatigue des chauffeurs, à renforcer le respect de la réglementation du travail routier et à responsabiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne du transport, y compris les employeurs et les donneurs d’ordre.
Dans de nombreux pays, la mise en place de dispositifs réglementaires et techniques de ce type a permis de réduire significativement les accidents impliquant les poids lourds et les transports en commun. L’Algérie, confrontée à une véritable tragédie humaine et sociale sur ses routes, ne peut se permettre de rester en marge de ces évolutions.
La sécurité routière ne saurait reposer sur le seul chauffeur. Elle implique une responsabilité partagée entre l’État, les entreprises de transport, les gestionnaires d’infrastructures, les autorités de contrôle et l’ensemble des acteurs économiques concernés. Sans une coordination effective et une vision globale, toute politique de prévention restera incomplète et insuffisante.
L’investissement dans la prévention des accidents de circulation, notamment dans le domaine du transport professionnel, ne constitue pas une contrainte supplémentaire, mais plutôt une décision stratégique. Il s’agit de sauver des vies humaines, de réduire les coûts économiques associés aux accidents et d’améliorer constamment la sécurité et la confiance des citoyens dans leurs déplacements.
Compte tenu de cette situation, l’Algérie a besoin d’un système national de collecte et de partage de données liées aux accidents de la circulation. Ce système doit être en mesure d’une part, de relier l’ensemble des intervenants (départements ministériels et organismes publics
concernés, entreprises de transport, des assurances, etc…) et d’autre part, d’être fédéré par un organisme étatique.
C’est pourquoi, l’entreprise i2b SPA, opérateur agréé de géolocalisation depuis 2008, a développé, grâce à son équipe de développeurs 100% algériens, un système de gestion électronique des transports routiers (plateforme de géolocalisation) ainsi qu’un module d’éco-conduite innovant.
Cette solution, déjà opérationnelle au niveau de plusieurs entreprises en Algérie, a démontré son utilité et son efficacité pour réduire les comportements à risque, renforcer la discipline des chauffeurs et fournir aux gestionnaires ainsi qu’aux autorités un outil moderne et fiable de prévention et de supervision.