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Technologies spatiales et satellitaires : Où en est l'Algérie ? (Première partie)

L’Algérie s’apprête à lancer son premier satellite de fabrication 100% locale. Voilà une bonne nouvelle qui tranche avec la morosité ambiante de ces dernières années, dès qu’on parle de technologies de pointe. Après Alsat 1 et Alsat 2, le pays a tenu sa promesse de maîtriser cette technologie et de réaliser un satellite 100% algérien. Le one two threesme est de rigueur.

L’Algérie maîtrise-t-elle les technologies spatiales et satellitaires pour autant ? Peut-être, dans les centres de recherches ou de défense et certains pôles technologiques pointus. Mais celles-ci ne sont pas à la portée de toute la société. D’abord pour des questions de moyens et de savoir-faire. Il en existe mais très peu d’entreprises, de centres de recherches et autres pôles scientifiques sont spécialisés dans les technologies satellitaires et spatiales.

Malgré leur sensibilité et leur importance, ces technologies sont reléguées au second plan tellement le pays a du retard à rattraper ailleurs, notamment pour des technologies plus faciles à maîtriser et dont l’impact est rapide. Mais aussi pour des questions de volonté, politique ou d’orientation économique. Les programmes de développement spatiaux et satellitaires ne foisonnent pas. Sans caricaturer, le pays est plus pressé à régler des problèmes d’énergie par exemple via le programme national des énergies renouvelables, ou de santé via un prochain plan Cancer. Sans parler de la résorption du problème du logement, du chômage, de l’indépendance alimentaire, etc.

De plus, économiquement, la rentabilité de ces technologies est lente, voire très lente. Avec des autorités qui se serrent la ceinture, seuls les plus courageux parmi les opérateurs économiques privés et publics se lanceront dans ces types de technologies. Ils délaisseraient alors des industries qui rapportent gros et rapidement pour des technologies pointues certes, mais dont ils ne verront les fruits que bien plus tard. Ce n’est pas gagné. Autant de freins au développement de ces technologies en Algérie. Pour autant, le pays a fait son petit bonhomme de chemin dans ce domaine et les exemples sont nombreux. Géolocalisation, GPS, GPRS, prévision météorologique, climatologie et autres outils de contrôle du trafic aérien et terrien. Où en sommes-nous en Algérie ? Eléments de réponse.

Le GPS en Algérie, ça existe, et depuis longtemps :

Contrairement à ce que l’on pense, le GPS en Algérie existe déjà. Le GPS est un système de géolocalisation basé sur le positionnement à partir d’un récepteur par rapport aux signaux satellites qu’il reçoit. Il permet de connaître un positionnement géographique partout dans le monde et avec précision, qu’on soit en milieu urbain ou dans un coin perdu. Accessible au grand public depuis 2011, cette technologie a connu une croissance et un succès fulgurants. L’urbanisation forcée et accélérée que connaît le monde fait du GPS un système indispensable dans certains pays pour pouvoir se déplacer, en plus de ses nombreuses utilisations à usage professionnel et industriel (construction, grands travaux routiers, etc).

Mieux, cette technologie a permis la création de nombreux autres services connexes à valeur ajoutée, utilisant la technologie du GPS pour faire certaines commandes à distance, notamment sur les véhicules. Il n’y a qu’à voir notre téléphone et toutes les applications dont nous disposons qui nous demandent d’activer notre GPS. Une aubaine.

En Algérie, nous ne sommes pas en reste. De nombreuses entreprises proposent ce service au moins depuis 2011, notamment pour ce qui est de la localisation de véhicule et qui représente le marché le plus important chez nous. Elles se trouvent à Alger ou à Béjaïa et ont comme clients des PME, TPE et autres multinationales qui disposent de flottes importantes. Historique des déplacements, identification des conducteurs, consommation de carburant, mais aussi contrôle de la vitesse, coupe-moteur en cas de besoin et bien sûr positionnement.

Tous ces services à valeur ajoutée sont proposés en Algérie, malgré leur sensibilité. Certes, il faut montrer patte blanche pour pouvoir se lancer dans ce type de prestations et un tas d’autorisations est nécessaire, délivrées notamment par l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications (ARPT), mais le marché est tellement à fort potentiel que les prestataires de ce type voient le jour régulièrement. De grandes entreprises ont aujourd’hui recours à ces services comme Air Algérie, Mobilis, Lafarge, Cevital ou Danone, pour des prix de plus en plus à la baisse.

Ceci dit, cette activité souffre de deux freins en Algérie et pas des moindres. Le premier, leur restriction. En effet, ces services n’étaient accessibles jusqu’il n’y a pas si longtemps que pour les professionnels. Aucune entreprise n’avait alors de services destinés aux particuliers, pour plusieurs raisons pratiques. Second handicap, l’importation de ce service. En effet, les offres Pro qui sont disponibles sont pour la plupart le fruit de partenariats avec des fournisseurs étrangers de logiciels et de savoir-faire. Les entreprises algériennes ne font que de « l’intégration ». Une manière politiquement correcte pour dire, vendre, distribuer et installer. Ce sont autant d’emplois et de devises qui nous échappent, même si ces entreprises n’ont pas trop le choix. D’abord pour des questions de savoir-faire que nous ne maîtrisons pas pour le moment, ou très peu. Après, pour des raisons de moyens.

A l’étranger, des opérateurs étrangers peuvent disposer de moyens satellitaires notamment de télécommunications. Ils peuvent monétiser leurs moyens pour ce type de services, une chose impensable pour le moment en Algérie. Enfin, depuis peu, des entreprises proposent des GPS pour particuliers pour des prix qui restent assez chers, autour de 30 000 dinars, plusieurs fois leur prix en France par exemple.

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